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Mon bébé n’est pas un bon mangeur

Mon bébé n’est pas un bon mangeur

 

Il est fréquent qu’au fil de la croissance de leur tout-petit, les parents (et les grands-parents) s’inquiètent parce qu’il ne « mange pas bien ». En effet, on dit souvent aux parents que bébé devrait manger un régime familial complet avant leur premier anniversaire. Mais être un «bon» mangeur est-il vraiment nécessaire pour le bébé? Quelle est la norme ?

Premièrement, j’aimerais remercier Gill Rapley, qui m’a permis de traduire le texte suivant et de le partager sur mon blogue. Elle est du même avis que moi. Pour en connaître davantage sur Gill, visitez rapleyweaning.com.

 

Qu’est-ce qui est normal?

 

Un bébé faisant de la DME (Diversification alimentaire Menée par l’Enfant) développera ses propres habitudes quand il commencera à être en contact avec de la nourriture complémentaire. Par exemple, bébé pourrait :

 

  • Débuter avec enthousiasme, grignotant tout ce qui est à portée de main. Avaler progressivement de plus en plus et ne plus jamais regarder en arrière (probablement la situation la moins répandue).

 

  • Progresser lentement mais sûrement en regardant, expérimentant, léchant, goûtant pour finalement manger. Graduellement augmenter la quantité ingérée.

 

  • Ne presque rien manger pendant deux semaines ou des mois (avec un intérêt ou pas à toucher et goûter). Puis soudainement démontrer un enthousiasme pour la nourriture.

 

  • Débuter avec enthousiasme puis perdre son intérêt pour la nourriture en général.

 

Aucune de ces situations ne pose problème. La plupart des bébés DME ne mangent pas de quantités significatives de nourriture complémentaire avant l’âge de 8 ou 9 mois, certains pas avant leur premier anniversaire. Ceux qui commencent avec enthousiasme pour ensuite perdre intérêt aiment simplement la nouveauté de la nourriture plus que ceux qui démarrent plus lentement. [Notez cependant que si un bébé de 6 à 8 mois ne montre aucun intérêt à ramasser de la nourriture ou d’autres objets (comme des jouets ou des clés) et à les explorer avec sa bouche, il est possible qu’il y ait une raison sous-jacente, comme un retard de développement. Consulter un médecin serait donc important ici.]

 

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Ce bébé prend plaisir en manger son repas!

Mettre les choses en perspective

 

Un bébé  qui se développe normalement mais qui semble « ne pas bien manger », mange probablement moins que ses parents ou d’autres personnes pensent qu’il devrait le faire. Quelques coups de langue ou croquées (pas de grosses bouchées!) d’aliments riches en ces minéraux sur une base quotidienne, comme la viande et les œufs, sont assurément suffisants. Bébé ne mourra pas de faim. S’il a faim, il mangera. Le problème est que nos attentes quant à la quantité de nourriture que les bébés doivent manger tendent à être basées sur les quantités qu’ils mangent lorsqu’ils sont nourris à la cuillère. Mais …

  • Il est difficile pour un bébé nourrit à la cuillère et aux purées d’être à l’écoute de son appétit. Il a tendance à avaler de grosses bouchées plus rapidement et mange donc plus que nécessaire.
  • Les purées contiennent également beaucoup de liquide. Bébé semble donc manger plus de nourriture qu’en réalité.
  • Faire pression sur bébé pour qu’il mange certains aliments ou en plus grande quantité peut causer des problèmes. Il pourrait devenir un mangeur difficile ou refuser la nourriture.
  • L’allaitement (ou la préparation commerciale pour nourrissons ou PCN) contribue à fournir la plupart des nutriments dont bébé a besoin bien au-delà d’un an.

 

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Malgré l’introduction de la nourriture solide, l’allaitement (ou la preparation commerciale) reste la source principale de nutrition.

Quels sont les signes d’un «bon mangeur»?

 

Si vous croyez que bébé n’est pas un bon mangeur, la solution n’est pas de modifier ce que bébé fait. C’est de redéfinir ce que vous croyez être un bon mangeur. Un bon mangeur est un bébé qui:

 

  • écoute son appétit (il mange quand il a faim et arrête quand il n’a plus faim)
  • boit autant de lait qu’il en a besoin
  • a la possibilité d’essayer une variété d’aliments sans pression
  • peut choisir les nutriments dont il a besoin (parmi des choix santé)
  • est intéressé à explorer la nourriture et à mettre en pratique ses aptitudes pour se nourrir de façon autonome
  • aime le temps des repas

Si votre bébé fait toutes ces choses, c’est qu’il est un bon mangeur même s’il n’avale presque rien!

 

Que devrais-je faire?

 

  • Continuez à lui offrir des boires au besoin. Restreindre les boires (comme recommandé à certains parents dans l’espoir que bébé mangera plus de nourriture complémentaire) se traduira probablement par moins de nutriments.
  • Continuez à partager les repas avec lui en lui donnant l’occasion d’explorer et goûter à une vaste gamme d’aliments sains.
  • Si bébé a plus de 10 mois, ne vous acharnez pas à lui redonner de la nourriture qui a été délibérément jetée par terre. C’est sa façon à lui de dire “non merci”.

 

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  • Essayez de lui offrir de plus petits morceaux ou de lui donner des ustensiles. Certains bébés n’aiment pas se faire traiter comme des débutants. Ils veulent mettre en pratique des techniques plus complexes!
  • Ne vous en faites pas si bébé semble ne pas aimer un aliment. Offrez-lui quelque chose de ce que vous mangez. (Certains bébés évitent avec entêtement certains aliments pour ensuite découvrir qu’ils y sont allergiques. Il peut être sage de faire confiance à bébé dans ces cas-là.)
  • Rappelez-vous qu’il est normal pour un bébé qui est perturbé pour une raison quelconque (quand il commence la garderie par exemple) ou qui ne se sent pas bien d’abandonner la nourriture complémentaire de pendant un moment et de vouloir plus de lait.

 

La DME consiste à cultiver une bonne relation avec la nourriture. Pas à persuader bébé de manger ce que nous voulons qu’il mange. Un bébé passera spontanément à d’autres aliments à son propre rythme. En tant que parent, tout ce que vous devez faire est de rendre la nourriture disponible à portée de la main. Aussi d’agir comme un modèle en incluant bébé à vos repas. Votre bébé s’occupera du reste.

 

PRÉCAUTIONS

Avant de faire la DME avec votre bébé, il est primordial de procéder de façon sécuritaire en vous informant auprès d’une nutritionniste pédiatrique. Entre autres, assurez-vous que :

  •     votre bébé soit prêt et ne commence pas trop tôt
  •     votre bébé soit bien assis à 90 degrés
  •     vous ne placez pas les aliments dans sa bouche avec vos doigts
  •     l’environnement est calme lors des repas
  •     vous offrez les aliments appropriés à votre bébé (toujours tester la texture)
  •     vous surveillez votre bébé qui mange en tout temps
  •     vous contactez une nutritionniste pédiatrique pour bien vous informer
  •     vous lisez la mise en garde ci-dessous

MISE EN GARDE*

La DME est contre-indiquée pour les bébés à risque de dysphagie, entre autres pour les bébés qui présentent un trouble anatomique (ex. : fente palatine, frein de langue court), un trouble neurologique (ex. : retard de développement, hypotonie, hypotonie orale) et un trouble génétique. Un suivi par un professionnel de la santé (médecin, nutritionniste) est nécessaire pour les bébés à risque d’anémie, soit les bébés qui sont nés prématurément, les bébés de petit poids à la naissance (moins de 3000 g), inquiétudes en lien avec la croissance, bébés nés d’une mère anémique, bébé chez qui la lait de vache a été introduit précocement et/ou un bébé végétalien.

 

*Cusson et Labonté, Conférence DME, juin 2018, Nutrium, Faculté de Médecine, Université de Montréal

 

Pour toutes les réponses à vos questions sur l’alimentation du bébé et vous assurer que vous procédez de façon sécuritaire, abonnez-vous à mon cours en ligne DME à dme.jessicacoll.com.

 

Est-ce difficile pour vous de faire confiance à votre bébé? Commentez ci-dessous!

 

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S’asseoir droit: qu’est-ce que ça veut dire?

S’asseoir droit: qu’est-ce que ça veut dire?

 

Être capable de s’asseoir droit est reconnu comme un des signes principaux pour juger la capacité à bébé à gérer des aliments complémentaires, particulièrement lorsqu’on pratique la DME (Diversification alimentaire menée par l’enfant). Mais pourquoi est-ce important et qu’est-ce que cela signifie réellement?

Premièrement, j’aimerais remercier Gill Rapley, qui m’a permis de traduire le texte suivant et de le partager sur mon blogue. Elle est du même avis que moi. Pour en connaître davantage sur Gill, visitez rapleyweaning.com.

 

Pourquoi s’asseoir droit est important?

 

  • Être prêt: Si bébé ne peut pas encore s’asseoir, c’est un assez bon signe que son développement général n’est pas prêt non plus. Les compétences de mastication et les capacités digestives ont tendance à se développer au même rythme que la capacité de bébé à s’asseoir. Si bébé reçoit de la nourriture avant qu’il ne soit prêt, il peut être exposé à la nourriture trop tôt. Donc les risques d’étouffement seront plus importants.

 

  • Sécurité: Bébé doit être assis bien droit pour coordonner la déglutition et respirer facilement. Il ne pourra pas le faire s’il est affaissé vers l’avant ou sur le côté. Il doit également être en mesure de contrôler la nourriture dans sa bouche. Afin qu’elle ne glisse pas vers l’arrière ou vers ses voies respiratoires avant d’être avalée. Une position penchée rend cela très difficile – et donc dangereux. Imaginez-vous allonger pour manger. Essayer de mastiquer avec votre menton sur votre poitrine pour voir à quel point ces positions sont inconfortables et dangereuses.

 

  • Alimentation autonome: Bébé doit se pencher vers l’avant pour attraper la nourriture, la ramasser avec ses deux mains et regarder autour de lui. Il doit faire tout cela sans perdre l’équilibre. Bébé doit donc être stable et en position assise.

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    Ce bébé est capable de se pencher vers l’avant sans perdre l’équilibre.

 

Que signifie « se tenir droit »?

 

Les définitions de « se tenir droit » dépendent du stade de développement de l’enfant. Cela peut porter à confusion si on cherche la définition qui signifiera que bébé est prêt pour la DME.

  • Depuis la naissance : bébé peut se tenir en position droite si tout son tronc et sa colonne sont soutenus. Il ne peut y arriver seul.

 

  • Parfois après 5 mois bébé commence à être en mesure de tenir sa tête et son tronc droit s’il a un soutien au niveau des hanches.

 

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Voici un bébé de 5 mois capable de tenir sa tête et son tronc droit puisqu’elle a du soutien au niveau des hanches.

 

À 7 ou 8 mois la plupart des bébés peuvent rester en position assise environ une minute au sol sans soutien.

 

À 8 ou 9 mois bébé commence à se mettre en position assise lorsqu’il est couché ou à plat ventre.

 

L’importance d’une position verticale

 

Ce qui est important pour une alimentation saine et pour la DME, c’est que bébé puisse soutenir sa tête et son tronc dans une position verticale pendant assez longtemps pour explorer sa nourriture – et pour la manger s’il est prêt à le faire. Pas de problème s’il a besoin d’un peu de soutien autour de ses hanches pour ce faire. Pas besoin d’attendre qu’il reste assis bien droit sans aucun soutien, ou qu’il puisse se mettre en position assise. Il n’y a pas non plus de « règle de 60 secondes » comme certains le croient. Ce qui importe, c’est de maintenir une position et un équilibre au-dessus de son bassin. Un bébé qui se développe normalement sera capable de s’asseoir assez bien pour lui permettre de manipuler de la nourriture. Même de manger sainement dès l’âge de six mois ou peu après. Si vous remarquez que ce n’est pas le cas avec votre bébé, je suggère de faire un rendez-vous avec une ergothérapeute ou physiothérapeute pédiatrique.

 

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Comment aider bébé à s’asseoir confortablement et de façon sécuritaire

 

Plusieurs options existent pour que bébé explore sa nourriture de façon simple et sécuritaire:

  • Assoyez-le sur vos genoux, face à la table, et soutenez ses hanches avec une main de chaque côté de ses fesses (pas autour de sa taille, ce qui limiterait son mouvement). Plusieurs bébés aiment le réconfort de cette proximité lors de leurs premiers repas.
  • En pique-nique ou mangeant par terre, assoyez bébé entre vos jambes d’une manière qu’il regarde en avant. Cela vous permettra de libérer vos deux mains tout en lui fournissant le soutien dont il a besoin.
  • Si bébé est heureux dans une chaise haute, essayer de rouler une serviette autour de ses hanches.  Cela peut aider à remplir l’espace entre ses fesses et les rebords de la chaise. Si le siège est glissant, placer une petite serviette entre ses jambes l’empêchera de glisser.
  • Les bébés plus vieux et les bambins aimeront probablement avoir un repose-pied. Un facteur à considérer à l’achat d’une chaise haute! (comme la chaise haute Trip Trap de Stokke)
  • Bébé est donc prêt à commencer l’alimentation autonome/DME dès qu’il peut se tenir droit de façon stable et sécuritaire afin de pouvoir manipuler la nourriture en toute sécurité et efficacité. Le tout avec un peu de soutien de votre part s’il en a besoin.

 

PRÉCAUTIONS

Avant de faire la DME avec votre bébé, il est primordial de procéder de façon sécuritaire en vous informant auprès d’une nutritionniste pédiatrique. Entre autres, assurez-vous que :

  •     votre bébé soit prêt et ne commence pas trop tôt
  •     votre bébé soit bien assis à 90 degrés
  •     vous ne placez pas les aliments dans sa bouche avec vos doigts
  •     l’environnement est calme lors des repas
  •     vous offrez les aliments appropriés à votre bébé (toujours tester la texture)
  •     vous surveillez votre bébé qui mange en tout temps
  •     vous contactez une nutritionniste pédiatrique pour bien vous informer
  •     vous lisez la mise en garde ci-dessous

MISE EN GARDE*

La DME est contre-indiquée pour les bébés à risque de dysphagie, entre autres pour les bébés qui présentent un trouble anatomique (ex. : fente palatine, frein de langue court), un trouble neurologique (ex. : retard de développement, hypotonie, hypotonie orale) et un trouble génétique. Un suivi par un professionnel de la santé (médecin, nutritionniste) est nécessaire pour les bébés à risque d’anémie, soit les bébés qui sont nés prématurément, les bébés de petit poids à la naissance (moins de 3000 g), inquiétudes en lien avec la croissance, bébés nés d’une mère anémique, bébé chez qui la lait de vache a été introduit précocement et/ou un bébé végétalien.

 

*Cusson et Labonté, Conférence DME, juin 2018, Nutrium, Faculté de Médecine, Université de Montréal

 

Assurez-vous de procéder de façon sécuritaire en vous informant adéquatement. Pour toutes les réponses à vos questions sur l’alimentation du bébé, abonnez-vous à mon cours en ligne DME à dme.jessicacoll.com.

Avez-vous remarqué que votre bébé peut s’asseoir droit et voudriez essayer la DME? Commentez ci-dessous!

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Quand est-ce vraiment trop tôt pour débuter les aliments complémentaires?

Quand est-ce vraiment trop tôt pour débuter les aliments complémentaires?

                                                      

Des parents dont le bébé a 5 mois communiquent souvent avec moi si leur bébé montre un intérêt pour les aliments complémentaires. Ils ont peur de commencer « trop tôt » tout en sentant que bébé leur donne des signes clairs qu’il veut aller de l’avant. Même si je ne suis pas en mesure d’offrir des conseils spécifiques pour un bébé en particulier, ma réponse générale à ce dilemme est la suivante.

                                                      

La « règle des six mois »

 

La « règle des six mois » est importante parce que cela empêche une interférence prématurée en ce qui concerne l’alimentation de bébé. Je m’y réfère donc toujours. Cependant, d’après mes recherches et mon expérience clinique, mon opinion actuelle est que tout ce qu’un bébé est prêt à faire est probablement ce qui est la bonne chose pour lui. Il y a de bonnes raisons de croire que le développement de capacités dont nous pouvons témoigner de l’évolution (assis bien droit, etc.) soit un indicateur fiable de la maturité du système digestif interne de bébé. La nature a rarement tort. Donc, si un bébé en bonne santé peut (réellement) s’asseoir bien droit, saisir la nourriture et la porter à sa bouche SANS AIDE, il est probablement prêt à entamer l’alimentation autonome. S’il est également apte à mastiquer – et peut-être même à avaler – c’est bien, mais il est fort probable que ces compétences suivront en temps voulu.

                                                      

Une des raisons pour lesquelles je tiens à souligner la règle des six mois, même si je ne la considère pas comme fondamentale, c’est qu’il est trop facile pour ceux qui ne comprennent pas le concept de la DME (Diversification alimentaire Menée par l’Enfant) de mal interpréter tout indice qui les inciteraient à commencer trop tôt. Cela peut être le début d’une pente glissante pour des pratiques dangereuses, ce que je n’approuve absolument pas.

 

Quel est le but ultime?

 

Le problème est qu’il est tentant d’embellir les capacités de son enfant, et d’offrir juste un peu d’aide pour leur permettre d’atteindre un objectif particulier. Généralement, cela n’a pas d’importance, mais quand il s’agit de manger, la capacité d’un bébé – ou son incapacité – à gérer la séquence d’actions nécessaires constitue un facteur de risque important. Les aider à surmonter un obstacle qu’ils ne peuvent pas gérer eux-mêmes (par exemple en leur offrant un soutien supplémentaire pour s’asseoir ou pour tendre la main, guider leur bras vers leur bouche ou, pire, leur mettre la nourriture dans la bouche) est potentiellement dangereux.

                                                      

Il est utile de se rappeler que « l’accomplissement » de manger est l’objectif de l’adulte, pas celui de l’enfant. Bébé ne sait pas que c’en est le but ultime. Le tout-petit découvre simplement comment son propre corps et les choses autour de lui fonctionnent. Pour bébé, ne pas parvenir à porter la nourriture à sa bouche n’est pas un échec. Il n’aura pas l’impression d’avoir besoin d’aide. Le rôle des parents est de donner l’OCCASION de faire tout ce que bébé est prêt à faire, que ce soit toucher la nourriture, la ramasser, la lécher, la mordre, la mastiquer et/ou l’avaler – ou rien de ce qui précède – pour lui permettre de faire quelque chose qu’il ne peut pas encore gérer. Six mois représentent un âge moyen de préparation, de la même manière que la plupart des bébés font leurs premiers pas à environ un an.

 

6 mois est-ce un âge magique?

 

Il est clair que certains sont prêts à marcher plus tôt tandis que d’autres commencent après leur un an. Nous n’essayons pas d’empêcher ceux qui sont prêts de marcher avant l’âge « correct ». Si nous trouvons logique qu’une bonne partie des bébés ne sont pas prêts à se nourrir avec des aliments complémentaires avant sept, huit ou neuf mois, il est parfaitement raisonnable de penser qu’une minorité de bébés puissent l’être avant l’âge « magique » de six mois. Selon moi, le point crucial est que la transition devrait se faire de façon spontanée et autonome.

                                          

À mon avis, les arguments sur l’âge approprié pour introduire des aliments complémentaires ne sont importants que si c’est le parent, et non le bébé, qui décide quand ce dernier devrait commencer à porter des aliments à sa bouche. De tels arguments sont redondants si la décision est prise par le bébé parce que tous les bébés développent des compétences alimentaires dans une séquence déterminée en lien avec leur maturité globale. Théoriquement, il n’y a aucune raison pour qu’un bébé d’un ou deux mois n’ait pas la possibilité de s’asseoir et de ramasser de la nourriture dans une assiette. Ce qui empêche cette option raisonnable n’est pas que ce soit le « mauvais » âge, mais que le bébé n’en soit tout simplement pas capable. La même chose s’appliquerait à trois, quatre et cinq mois. Il est extrêmement improbable qu’un nourrisson de moins de cinq mois et demi soit en mesure, sans aucune aide, de s’alimenter avec de la nourriture complémentaire. Ceux qui le peuvent sont l’exception, pas la règle. Une fois que ces paramètres sont bien compris, introduire des aliments complémentaires à un âge « précoce » ne constitue pas un problème en soi selon moi.

 

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Voici un bébé de 5 mois qui n’est pas prêt à débuter les aliments complémentaires

 

Quels sont les mots pour décrire ce qui se passe?

                                                      

Un des défis majeurs est que nous n’avons pas les mots justes pour décrire l’introduction d’aliments complémentaires lorsque bébé est en contrôle. Commencer à « introduire des aliments complémentaires » avec une cuillère et des purées signifie que quelqu’un d’autre met de la nourriture dans la bouche de bébé à un moment déterminé. Par contre, commencer à « introduire des aliments complémentaires » avec l’approche DME signifie simplement donner à bébé la possibilité de manger si et quand il le veut et le peut. Ce sera ensuite à bébé de décider.

 

J’aimerais remercier Gill Rapley qui m’a permis de traduire le texte ci-haut qu’elle a écrit.

 

PRÉCAUTIONS

Avant de faire la DME avec votre bébé, il est primordial de procéder de façon sécuritaire en vous informant auprès d’une nutritionniste pédiatrique. Entre autres, assurez-vous que :

  •     votre bébé soit prêt et ne commence pas trop tôt
  •     votre bébé soit bien assis à 90 degrés
  •     vous ne placez pas les aliments dans sa bouche avec vos doigts
  •     l’environnement est calme lors des repas
  •     vous offrez les aliments appropriés à votre bébé (toujours tester la texture)
  •     vous surveillez votre bébé qui mange en tout temps
  •     vous contactez une nutritionniste pédiatrique pour bien vous informer
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MISE EN GARDE*

La DME est contre-indiquée pour les bébés à risque de dysphagie, entre autres pour les bébés qui présentent un trouble anatomique (ex. : fente palatine, frein de langue court), un trouble neurologique (ex. : retard de développement, hypotonie, hypotonie orale) et un trouble génétique. Un suivi par un professionnel de la santé (médecin, nutritionniste) est nécessaire pour les bébés à risque d’anémie, soit les bébés qui sont nés prématurément, les bébés de petit poids à la naissance (moins de 3000 g), inquiétudes en lien avec la croissance, bébés nés d’une mère anémique, bébé chez qui la lait de vache a été introduit précocement et/ou un bébé végétalien.

*Cusson et Labonté, Conférence DME, juin 2018, Nutrium, Faculté de Médecine, Université de Montréal

 

Assurez-vous de procéder de façon sécuritaire en vous informant adéquatement. Pour connaître les signes que votre bébé est prêt à commencer les aliments complémentaires, abonnez-vous à mon cours en ligne DME  vous obtiendrez toutes les réponses à vos questions et mon soutien illimité.

 

Vous, à quel âge avez-vous débuté les aliments complémentaires avec votre bébé?

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Passer des purées à la DME: La controverse de l’année

Passer des purées à la DME: La controverse de l’année

 

On me demande souvent s’il est possible de passer des purées à la diversification alimentaire menée par l’enfant (DME), ou de faire un peu des deux. 

 

Premièrement, j’aimerais remercier Gill Rapley, créatrice du terme Baby Led Weaning (BLW, DME, alimentation autonome) qui m’a permis de traduire le texte suivant et de le partager sur mon blogue. Elle est du même avis que moi. Pour en connaître davantage sur Gill, visitez rapleyweaning.com.

 

Qu’est-ce que la DME?

 

Les parents se font souvent demander s’ils pratiquent la DME ou offrent des purées. Or, la vraie question devrait être : « quelle est votre approche pour l’introduction des aliments complémentaires: la DME ou l’approche conventionnelle? » Cette différence est importante parce que la DME n’est pas une méthode d’alimentation, mais une approche fondamentale à bébé et à la nourriture. C’est une approche qui aborde votre vision des capacités de votre bébé en ce qui a trait à la nourriture, allant bien au-delà de si oui ou non on le nourrit la cuillère.

       

La DME – ou alimentation autonome – consiste à offrir des aliments sains, à partager les repas en famille, à s’assurer que seul bébé met de la nourriture dans sa bouche et à lui faire confiance à savoir s’il doit manger, quoi manger, quelle quantité et à quel rythme. C’est également lui offrir dès le départ des aliments attrayants et le laisser les manipuler avec ses mains.

 

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PRÉCAUTIONS

Avant de faire la DME avec votre bébé, il est primordial de procéder de façon sécuritaire en vous informant auprès d’une nutritionniste pédiatrique. Entre autres, assurez-vous que :

  •     votre bébé soit prêt et ne commence pas trop tôt
  •     votre bébé soit bien assis à 90 degrés
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  •     l’environnement est calme lors des repas
  •     vous offrez les aliments appropriés à votre bébé (toujours tester la texture)
  •     vous surveillez votre bébé qui mange en tout temps
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MISE EN GARDE*

La DME est contre-indiquée pour les bébés à risque de dysphagie, entre autres pour les bébés qui présentent un trouble anatomique (ex. : fente palatine, frein de langue court), un trouble neurologique (ex. : retard de développement, hypotonie, hypotonie orale) et un trouble génétique. Un suivi par un professionnel de la santé (médecin, nutritionniste) est nécessaire pour les bébés à risque d’anémie, soit les bébés qui sont nés prématurément, les bébés de petit poids à la naissance (moins de 3000 g), inquiétudes en lien avec la croissance, bébés nés d’une mère anémique, bébé chez qui la lait de vache a été introduit précocement et/ou un bébé végétalien.

*Cusson et Labonté, Conférence DME, juin 2018, Nutrium, Faculté de Médecine, Université de Montréal

Est-ce possible d’opter pour la DME en cours de route?

                                                      

Absolument! Je crois fermement qu’il n’est jamais trop tard d’opter pour la DME. Bien qu’un bébé ayant été initié aux purées et à l’alimentation à la cuillère ne peut pas vraiment être défini comme ayant été complètement sevré grâce à la DME (voir « L’importance des définitions » ci-dessous), cela ne signifie pas que lui et ses parents ne peuvent pas entamer la DME en cours de route. Ce n’est pas différent d’une mère qui commence avec l’allaitement au biberon pour passer ensuite à l’allaitement maternel. Son bébé n’aura pas été exclusivement allaité, mais il n’en demeure pas moins que c’est dorénavant sa réalité. Quiconque a le droit de changer d’approche quand il ou elle apprend quelque chose de nouveau, ou quand cette personne découvre que ce qu’elle a choisi n’est pas adéquat pour elle.

 

Est-ce possible de faire “un peu des deux”?

 

Toute une question piège! Je suis entièrement en faveur des parents qui font peu importe ce qui fonctionne le mieux pour eux et leur bébé. Si cela implique une combinaison d’alimentation à la cuillère et d’alimentation autonome, qu’il en soit ainsi. Cependant, dans ces cas-là il ne s’agit pas de DME jumelée à une approche conventionnelle. C’est une approche conventionnelle, mais à partir de six mois (à partir de quand l’introduction d’aliments complémentaires accompagnés d’alimentation à la cuillère ou de purée a toujours été recommandé). La DME ne consiste pas seulement à offrir de la nourriture à bébé. C’est aussi lui faire confiance pour savoir ce dont il a besoin. Si vous le gavez à la cuillère après qu’il se soit nourri lui-même, alors vous ne faites pas vraiment de la DME.

 

L’essentiel, c’est que faire confiance à votre bébé et ne pas lui faire confiance ne sont tout simplement pas compatibles.

 

En résumé, il est possible qu’un mélange d’alimentation autonome et d’alimentation à la cuillère fonctionne pour vous, mais ce n’est pas en partie de la DME.

 

Beaucoup de parents qui disent « faire un peu des deux » ne font que suivre l’approche conventionnelle, sans s’en rendre compte. C’est en fait une question de circonstances. L’approche DME a fait son apparition à la même époque (2002) où l’âge minimum recommandé pour l’introduction d’aliments complémentaires est passé de quatre mois à six mois. De nombreux parents ne se rendent donc pas compte que les aliments complémentaires – ainsi que les purées – étaient déjà recommandés à six mois avant cela. Ils croient donc qu’offrir à bébé des aliments complémentaires signifie qu’ils « font (un peu) de DME ».

                                                      

L’importance des définitions

                                                      

Est-ce vraiment important de bien définir la DME? Je crois que oui, pour deux raisons. Tout d’abord, cela est important pour les parents qui entendent parler de la DME pour la première fois. S’ils veulent prendre une décision éclairée sur la façon dont ils veulent approcher l’introduction des aliments complémentaires, ils doivent comprendre le caractère sous-jacent de la DME. Si ce n’est pas le cas, ils ne peuvent en appliquer qu’une partie et être consternés quand cela ne fonctionne pas.

 

Pire, ils peuvent faire quelque chose de dangereux, comme mettre des morceaux de nourriture dans sa bouche « pour lui », ce qui pourrait cause un étouffement.

                   

La deuxième raison pour laquelle je crois que la définition est importante est pour permettre d’amasser de façon générale plus de connaissances sur les bébés et la nourriture. Si ce que nous pensons être les avantages permanents de la DME (meilleures habitudes alimentaires, moins de risque d’obésité, etc.) doivent être prouvés – ou même réfutés – par la recherche, alors les études doivent définir clairement et sans ambiguïté ce qu’est la « vraie DME ». Si les chercheurs entreprennent de comparer les « bébés DME » avec les bébés sevrés de la manière conventionnelle sans définir précisément ce que ces termes signifient, alors il y a un risque réel que certains bébés soient étiquetés « DME » alors que, par exemple, ils ont été nourris de purées pendant les deux premières semaines, ou ont été régulièrement nourris à la cuillère à certains repas, ou étaient toujours nourris à l’écart du reste de la famille.

 

Cette confusion rendrait les résultats de la recherche dénués de sens, et pourrait bien signifier que certains des avantages réels de la DME ne sont pas révélés. (C’est d’ailleurs le cas pour les chercheurs qui insistent de nos jours sur une définition claire de « l’allaitement maternel exclusif ». Ce n’est qu’à partir de là que les différences réelles entre l’allaitement maternel et la préparation commerciale pour nourrissons ont commencé à émerger).

                                                      

 

 

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Assurez-vous de procéder de façon sécuritaire en vous informant adéquatement. Si vous voulez toutes les réponses à vos questions sur l’alimentation du bébé, abonnez-vous à mon cours en ligne DME à dme.jessicacoll.com. Tout le monde est la bienvenue!

 

Vous, avez-vous passé des purées à la « DME »? Quelle était votre expérience? Commentez ci-dessous!