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Lait ou aliments? Faire la part des choses

Lait ou aliments? Faire la part des choses

 

Les parents qui font la DME se demandent parfois si leur bébé dépend de lait maternel lorsqu’il ne mange pas vraiment d’aliments complémentaires, particulièrement à 12 mois.

Premièrement, j’aimerais remercier Gill Rapley, qui m’a permis de traduire le texte suivant et de le partager sur mon blogue. Elle est du même avis que moi. Pour en connaître davantage sur Gill, visitez rapleyweaning.com.

 

Par exemple:

  • À quel rythme devrais-je diminuer les boires?
  • Est-ce qu’une dépendance accrue au lait maternel (ou préparation commerciale pour nourrissons (PCN)) se traduira par une prise de poids plus lente?
  • Est-ce que diminuer les boires aidera bébé à manger plus d’aliments complémentaires?

 

À noter: je ne peux pas offrir des conseils individuels pour des bébés que je n’ai jamais rencontrés. Je ne remettrais jamais en question l’avis d’un professionnel de la santé à propos de nourrisson dont la santé peut être une source réelle d’inquiétude. Il s’agit là d’une discussion d’ordre général.

 

Mise en contexte – pourquoi s’attendre à ce que le sevrage arrive si rapidement?

 

Il fut un temps où les bébés consommaient des aliments complémentaires dès l’âge de quatre mois (voire même plus jeunes). La transition vers les repas en famille était activement contrôlée par leur entourage. Les parents étaient encouragés à diminuer les boires et à augmenter la quantité d’aliments complémentaires consommés par bébé. Ceci fait selon un calendrier pré-établi. La nourriture en purée était offerte à la cuillère et on les incitait à boire beaucoup de lait de vache.

 

L’objectif était de remplacer complètement le lait maternel (ou la PCN) par un régime mixte de nourriture complémentaire et de lait de vache avant que bébé ne fête son premier anniversaire. À la même époque, la popularité de la PCN a conduit à une méfiance envers l’allaitement maternel et son fonctionnement. La PCN permettait aux parents de contrôler les quantités ingérées dès la naissance. Ceci est impossible (et non désiré) avec l’allaitement. Tout ce contrôle artificiel a rendu la transition vers les aliments complémentaires facile puisque:

  • La quantité de PCN ingérée à chaque boire pouvait être diminuée par le parent.
  • On pouvait encourager bébé à prendre plus d’aliments complémentaires qu’il ne le désirait vraiment. (Les bouchées de purée sont difficiles à cracher et ont tendance à être avalées rapidement, sans avoir besoin de les mastiquer.)

 

Que pourrait-il se passer lorsque les parents contrôlent le rythme du sevrage?

 

 

Le rythme du sevrage a été strictement confié aux parents, plutôt qu’aux bébés eux-mêmes. La transition vers les aliments complémentaires a été accélérée artificiellement. Tout a été fait avec beaucoup plus de rapidité qu’il ne l’aurait été naturellement.

 

De nombreux parents sont ainsi inquiets quand ils voient un bébé d’environ un an mangeant très peu de nourriture complémentaire. Un enfant âgé d’un an, qui se nourrit principalement de boire, et ayant peu d’expérience avec les autres aliments, peut sembler « anormal ». Cela peut donner aux parents une possible indication que quelque chose cloche.

 

Si ce bébé s’alimente de façon autonome, comme c’est le cas en DME, ils croient que la solution est de prendre le contrôle et de gérer son alimentation. Ceci est habituellement fait soit en introduisant des purées et une alimentation à la cuillère, et/ou soit en réduisant de façon importante le lait maternel.  Même s’il n’y ait aucune preuve que cela fasse quoi que ce soit pour améliorer la santé de bébé.

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Pour l’allaitement, la quantité de lait ingérée dépend du bébé.

 

Et la nutrition dans tout cela?

 

Il n’y a pas de raison de pousser les aliments complémentaires au détriment du lait maternel. Aucun aliment complémentaire ne peut rivaliser avec le lait maternel en termes de concentration de nutriments. Globalement, l’apport nutritionnel du lait maternel fera toujours bonne figure par rapport aux autres aliments. Remplacer le lait maternel dans l’alimentation de bébé ne peut que faire qu’il soit moins bien nourri.

 

 

Quelle est l’importance du lait maternel?

 

À la lumière des études plus récentes sur les bienfaits du lait maternel, il est évident qu’il n’empêche pas d’introduire d’autres aliments, mais qu’il constitue un important filet de sécurité pour un bébé dont l’appétit pour d’autres aliments est faible. En d’autres termes, si un enfant ne se réjouit pas d’une diète à base de lait maternel jumelée à d’autres aliments, la dernière chose à faire est de substituer le lait maternel! De plus, on a signalé des cas où des problèmes digestifs ou des allergies ont été découverts et où la consommation de lait maternel s’est avérée cruciale pour la survie et le bien-être d’un tout-petit. Nous devons avoir une très bonne raison pour refuser aux bébés l’accès au sein de leur mère à tout âge.

 

L’ingestion de solides offre-t-elle une meilleure nutrition que le lait maternel?

 

De nombreux professionnels de la santé croient que l’alimentation à la cuillère augmentera la consommation d’aliments complémentaires. Mais cela ne fonctionne tout simplement pas si le bébé est allaité. Étant donné que bébé peut se nourrir quand il le veut, un bébé allaité est toujours responsable de sa consommation de lait. Il est impossible de le persuader de continuer à se nourrir au sein quand son corps a pris tout ce dont il avait besoin. Ce contrôle naturel de l’appétit signifie que, si son ventre est déjà rempli d’aliments complémentaires, il ingère moins de lait maternel pour compenser.

 

Donc la nourriture complémentaire va remplacer le lait maternel. Cela permettra de réduire, et non d’augmenter, l’apport nutritionnel général de bébé. (Note: Cette approche peut être réalisée avec la PCN, car il est possible d’encourager le bébé à continuer à manger au-delà du point où il s’arrêterait naturellement. Ce qui lui apprend aussi à ignorer les signes de plénitude.)

 

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Un argument de poids

 

En plus de fournir de l’énergie, la plupart de ce que les bébés mangent et boivent contribue au maintien de leur système corporel et à la croissance de nouvelles cellules. Une certaine prise de poids est bien entendu attendue à mesure que les bébés grandissent. Mais ce qui est reconnu de nos jours comme gain de poids « normal » est inférieur à ce qu’il a autrefois été la norme. Nous ne croyons plus que plus bébé est gras, mieux c’est. Cependant, nous avons gardé en tête un tourment constant en ce qui a trait au poids.

 

Il est important de garder à l’esprit que la prise de poids est rarement régulière ou constante. Le schéma général sur une période de plusieurs semaines ou de plusieurs mois est plus significatif que tenir compte d’une ou deux pesées isolées. La prise de poids de certains bébés ralentit pendant un certain temps pour compenser une période antérieure de gain accéléré. S’il n’y avait pas de bébés naturellement « minces » (et « gras »), les lignes de percentiles sur les tableaux de poids ne seraient pas là.

 

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Quels sont les autres indicateurs de santé?

 

Le poids n’est qu’un guide parmi d’autres pour évaluer la santé d’un enfant. D’autres paramètres tout aussi importants sont la taille, la circonférence de la tête, le tonus musculaire, l’appétit, les habitudes intestinales, la température, le teint et les niveaux d’énergie. N’importe lequel d’entre eux peut temporairement susciter des inquiétudes. Cependant, un seul de ses paramètres indique rarement quelque chose de grave. Bien que cela puisse être le déclencheur pour entreprendre d’autres investigations.

 

Les bébés sont principalement pesés pour détecter toute maladie qui aurait pu passer inaperçue. Par examples: les troubles digestifs, les déficits en hormone de croissance et les malformations cardiaques. Compte tenu de la teneur en calories du lait maternel, il est fort improbable qu’un bébé dont l’appétit pour la nourriture complémentaire est faible, mais qui se nourrit bien et fréquemment au sein, ne reçoive pas toute la nourriture dont il a besoin.

 

La réponse à toute préoccupation concernant le poids devrait donc être de le comparer avec d’autres paramètres. Si nécessaire, d’analyser la situation plus en profondeur. Il ne faut surtout pas utiliser le poids comme argument pour substituer le lait maternel à de la nourriture complémentaire. S’il y a des inquiétudes que la prise de poids « lente » d’un bébé puisse être due à une maladie sous-jacente, alors ces soupçons devraient être écoutés puisque cette condition ne disparaîtra pas en forçant le bébé à manger plus.

 

 

Le message principal

 

En résumé, nous devons avoir des attentes réalistes quant à ce que les bébés devraient manger peu avant et après un an. À moins qu’il y ait de bonnes raisons de penser le contraire. Nous devrions supposer que si bébé ne choisit d’ingérer qu’une petite quantité d’aliments complémentaires, c’est simplement pour faire savoir à leurs parents que le lait maternel fait un excellent travail. Il arrêtera le sein lorsqu’il sera prêt. Pendant ce temps, tout ce que nous devons faire est de continuer à l’inclure dans des repas familiaux sains et détendus. Afin qu’il puisse prendre ses propres décisions quant au moment où il se sentira prêt à partager pleinement ces repas.

 

Si vous voulez une consultation avec une consultante en lactation (IBCLC) visitez ibclc.qc.ca.

 

Pour toutes les réponses à vos questions sur l’alimentation du bébé, abonnez-vous à mon cours en ligne DME à dme.jessicacoll.com. Vous pourrez me poser un nombre illimité de questions!

 

Quelle est votre plus grande préoccupation par rapport au lait maternel (ou PCN) quand votre bébé débute la DME? Commentez ci-dessous!

 

 

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